Aide à la vie journalière

L’ Aide à la Vie Journalière (A.V.J) a pour but d’aider les personnes non ou malvoyantes à s’approprier ou se réapproprier des actes de la vie quotidienne afin de leur permettre de retrouver une autonomie personnelle, au domicile et en société. Quand quelqu’un perd la vue, c’est l’ensemble des perceptions de l’individu qui doit se réorganiser pour pallier la déficience.

Il faudra donc travailler sur :

  • le développement des sens de compensation (le toucher ; l’odorat ; l’audition ; le sens kinesthésique ; la perception du poids…).
  • l’aide à l’appropriation de techniques gestuelles spécifiques.
  • la découverte et l’utilisation de matériel palliatif adapté.
  • l’adaptation environnementale : marquages, mise en contraste, éclairage adapté.
  • la relation et coopération de la famille.

L’AVJ doit être un biais par lequel la personne trouve ou retrouve confiance, et réalise qu’elle peut faire correctement les choses.

L’AVJ à l’ACGAO

Dans notre structure, l’AVJ relève plus de la réadaptation. L’accompagnement est plus ponctuel et concerne un public ayant déjà acquis les bases.

  • Témoignage d’Angélique (AVEJISTE à l’ACGAO)
    En ce qui concerne les marquages, j’ai été surprise de constater que nombreux sont ceux qui ouvrent une boîte de conserve sans savoir ce qu’ils vont manger ! Ils disent n’acheter que ce qu’ils aiment et sont donc sûrs de manger un bon plat ! Cependant, ils sont ravis de s’apercevoir qu’il existe des moyens simples pour identifier ces conserves et pouvoir choisir le contenu de leur assiette. Il arrive fréquemment que des personnes déficientes visuelles achètent des téléphones adaptés, sur des sites de matériel spécialisé ou même en boutique de téléphonie. Nombreuses sont celles qui une fois seules chez elles, rencontrent des difficultés à utiliser ces appareils. Les nouveaux Smartphones présentés comme très simples d’utilisation sont achetés par un public habitué à l’utilisation de téléphones « basics » et les personnes déficientes visuelles sont surprises par ces outils plus complexes. L’avéjiste peut à ce moment-là, être d’une grande utilité en aidant les gens à découvrir, étape par étape, la logique et les fonctionnalités de ces téléphones qui rebutent au premier abord, mais qui finissent par les séduire dans un second temps.
  • Témoignage Mme GONIDEC
    Pourquoi ce désir de retravailler ? L’approche du travail se fait par le toucher car mon acuité visuelle est de moins d’un cinquantième. Il faut être calme, concentrée, méthodique. L’utilisation de repères sur la machine, des épingles de différentes sortes pour la reconnaissance de l’endroit et de l’envers du tissu s’imposent. Afin de respecter la couleur des fils et canettes, nous avons acheté un ensemble de petits tiroirs que nous allons étiqueter en braille. Notre détermination, à Élisabeth et moi-même, est un facteur positif. Le défi est réussi et nous remercions Angélique et Christiane d’avoir eu confiance et de croire à notre détermination.
  • Témoignage Mlle LANDAULT
    J’ai commencé les séances de l’aide à la vie journalière il y a un an. Nous avons débuté par l’épluchage des pommes et cela n’a pas été évident pour moi la première fois mais à force de pratique et de séances, j’ai réussi à prendre confiance. Et j’ai pu appliquer l’épluchage sans la présence d’Angélique. Ensuite, Angélique m’a montré comment mettre des repères sur le micro onde et sur la plaque électrique et on les a mis ensemble. J’ai continué dans le domaine de la cuisine ; j’ai appris à cuire des pâtes et du steak haché. Au début, le souci a été de porter la casserole pour cuire les pâtes de la plaque jusqu’au plan de travail à cause de la chaleur. Mais on a trouvé une solution. Sur les conseils d’Angélique, j’ai fait l’acquisition d’une casserole avec une passoire intégrée avec des poignées amovibles pour la casserole et la passoire. En ce qui concerne le steak, je n’arrivais pas à le retourner avec la pince à steak et en faisant le geste sans le mettre dans la poêle avec Angélique, j’ai compris comment il fallait faire. Il nous reste encore plusieurs séances pour la cuisson des pâtes et du steak. Puis on abordera un autre domaine comme l’ouverture des boîtes de conserves ou autre chose. Ces séances m’ont permis d’acquérir de nouvelles connaissances afin de pouvoir les appliquer quand je serai seule dans un appartement ou une maison.
  • Témoignage Marlène POIRIER
    J’ai souhaité reprendre quelques cours d’AVJ pour retrouver l’autonomie qui me manquait encore au quotidien (j’avais eu des séances quelques années auparavant mais n’avais pas mis en pratique tout ce que j’avais appris). Angélique DENOUAL est alors venue à mon secours (grâce à elle j’ai pu me réapproprier certains gestes): Découverte du lecteur d’étiquette Pen-Friend (je ne pourrai désormais plus m’en passer), reconnaissance des billets qui n’ont plus de secrets pour moi maintenant, épluchage des fruits et des légumes que je prends plaisir à préparer, si ce n’est que les pommes me résistent toujours plus ou moins, lavage du sol, découverte de la puériculture (je crois que ça a été ma séance préférée)… Grâce à tous ses conseils et aux petites astuces qu’elle m’a données au fil des séances, Angélique m’a aidée à reprendre confiance en moi et à me rendre compte que ce que j’avais appris n’était en fait pas si loin …, il suffisait juste de pratiquer plus régulièrement… Au fond c’est comme le vélo ; ça ne s’oublie pas !